www.vivien-artiste-peintre.com

Louis-Philippe Vivien - inspiration & influences
 

Quand l'inspiration du peintre vient du quotidien  Louis-Philippe Vivien ou la condition satirique

Loin de nous éloigner de la vie sérieuse, proportionnée au regard docile que nous portons sur la réalité immédiate, la caricature sollicite une tendresse ironique. Même si elle joue avec l’exactitude des traits, ou l’objectivité des formes, elle rend aux apparences les hommages de la fantaisie, nourriture mentale de l’esprit créatif.

Il faut donc posséder un talent particulier pour que l’imagination graphique exprime la mesure d’un monde reconnaissable.

Louis Philippe Vivien opère dans cette extravagance fertile qui engage l’œil sur la frontière, tracée par la dérision, entre le familier et l’ordinaire. Aussi, lorsque nous esquissons un sourire devant ces croquis d’existence, c’est parce que nous pourrions devenir les probables silhouettes, insouciantes ou mélancoliques, d’une histoire dont il fabrique les cadres fragiles et déconcertants.

En effet, chacune de ses œuvres suggère une lecture de la banalité quotidienne, obscène jusque dans l’intimité domestique de personnages soumis à la platitude confortable des marchandises de masse, comme cette ménagère boursouflée, cigarette au coin des lèvres qui résume « le mauvais goût » des gens de peu (« Bât B, Escalier 2 ») ou cette femme nue, abandonnée à ses songes libidineux (« Coucoup »).

L’artiste trouve ses motifs à l’intérieur des moments sans qualité, entre la solitude d’un visage nostalgique (« Question à se poser ») et l’encombrement des corps et des mots, enchevêtrés dans le bric-à-brac des hasards de la rencontre (« Le Pas Sage »).

Louis philippe Vivien choisit souvent de faire émerger les individus sur un fond bleu, couleur archétypique évoquant le repos, la mer, le ciel, le voyage intérieur, pour reprendre le titre de ce livret. Le contraste des tons, une couronne de phrases entourant ses personnages, suffisent à dire la légende bariolée de destins minuscules.
Ailleurs, ce sont des dessins, amas de bouches, de nez, de têtes qui témoignent de l’humanité nerveuse, désorientée par l’inflation des signes (« Visages »).

On s’arrêtera encore sur une sculpture en résine, un torero kitsch, grotesque, vétu de rose et d’or, avec sa tête de veau et ses yeux qui louchent.

Le monde contemporain serait-il le miroir comique d’une tragédie dans lequel se reflète le tragique de la comédie humaine ?

A la suite d’un accident vasculaire cérébral, interrompant quelques années sont activité, Louis Philippe Vivien s’est remis au travail, de la main gauche. Une telle métamorphose, rusant avec l’infortune du sort, est l’indice le moins équivoque de l’aventure transfigurée de cet enchanteur qui nous conduit au seuil d’une gravité néanmoins suspendue à l’expression rayonnante de sa poésie visuelle.

Oublions les influences diverses (Albert Dubout ou  Georges Grosz), le spectacle de le rue et les arts muraux, les graffitis, la bande dessinée, l’intrusion dans ce capharnaüm pictural est assez captivant pour se passer de repères.

Que le trivial fasse partager le charme précieux de la simplicité, par exemple, celui d’un ustensile collé sur un tableau, donne au peuple et aux choses d’en bas un éclat complice à nos sentiments, celui de leur ambivalence mal dissimulée.

Patrick Tacussel

Accueil              Biographie              Rétrospective              Inspiration             Stages             Ecriture            Contact
Retour Haut de page